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Vendredi 7 novembre 2008 5 07 /11 /Nov /2008 23:23

ALGER CORRESPONDANCE

Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a pris une option pour un troisième mandat en annonçant, mercredi 29 octobre à Alger, une révision partielle de la Constitution par voie parlementaire. Dans un discours prononcé à l'occasion de l'ouverture de l'année judiciaire, le chef de l'Etat n'a pas fait, formellement, acte de candidature, mais le but de la révision constitutionnelle est bien de supprimer le verrou de l'article 74 de la Loi fondamentale qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

Cette disposition constituait, aux yeux de nombreux intellectuels algériens, une garantie politique favorisant l'alternance et préservant l'Algérie d'une présidence à vie. Reprenant des arguments déjà invoqués par ses partisans, en campagne permanente sur le sujet depuis trois ans, M. Bouteflika a justifié la révision par "le droit du peuple d'exercer son droit légitime à choisir ses gouvernants et à leur renouveler sa confiance en toute souveraineté".

Officiellement, cette révision ne concerne pas seulement la levée de la limitation du nombre de mandats. Deux autres amendements portent sur "la réorganisation et la clarification" des prérogatives au sein de l'exécutif et "la protection des symboles de la glorieuse révolution" ainsi que des dispositions pour "la promotion des droits politiques de la femme". Dans un jeu politique verrouillé, les opposants à un troisième mandat de M. Bouteflika ne peuvent donner de la voix, les rares tribunes ouvertes étant celles de quelques journaux privés.

 

"FOURBERIES"

 

Une "Initiative pour le respect de la Constitution" avait été lancée début 2007 par des intellectuels et des universitaires pour s'opposer "au projet d'une constitutionnalisation de l'autoritarisme". Elle n'a pas réussi à secouer la léthargie politique ambiante. Le terrain était - et demeure - totalement occupé par les partis de l'Alliance présidentielle, les organisations satellites du pouvoir et les médias publics. En réalité, il ne restait plus qu'une confirmation de la part du président Bouteflika. Celui-ci a choisi de retarder l'annonce afin qu'elle soit la plus proche possible de l'élection présidentielle, qui devrait avoir lieu en avril 2009.

La seule incertitude était de savoir si l'état de santé du président lui permettait d'exercer un autre mandat. A l'évidence, et même si le rythme de son activité a considérablement baissé en comparaison des dernières années, M. Bouteflika pense qu'il en a encore les moyens. Le choix de recourir au Parlement - d'ici une quinzaine de jours - permet de faire vite. Il évite le recours au référendum, qui comporte le risque d'une forte abstention. Son approbation ne fait guère de doute.

"Rien n'aura été épargné aux Algériens", a réagi avec sévérité le premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS), Karim Tabou, pour qui "ce sont les mêmes bricolages, les mêmes fourberies qui aboutissent aux mêmes résultats, puisque le pays est géré loin de toute norme politique". C'est la voie vers "la présidence à vie", a estimé de son côté un responsable du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).

Amir Akef
Par matil2 - Publié dans : Algérie
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